mardi 16 octobre 2012

Sommet de la Francophonie 2012

Lu sur le site de RFI du 15/10/2012 (extrait) :
Congo-Kinshasa: Bilan du sommet de Kinshasa - Francophonie ouverte ou exclusive ?
par Bruno Daroux & Frédérique Misslin

Le XIVe Sommet de la Francophonie vient de s'achever. À Kinshasa, les débats ont été très politiques. La rencontre entre les chefs d'Etat et de gouvernement a été dominée par les crises en Afrique, le voyage de François Hollande et les polémiques sur l'état de la démocratie en République démocratique du Congo.
Il a aussi été question de l'avenir et du statut de la Francophonie dans le monde actuel. Doit-elle rester une organisation de pays qui défendent la langue française, notamment face à l'avancée de l'anglais ? Faut-il continuer à ouvrir les portes de l'organisation à de nouveaux états, pas vraiment francophones ?

« Parler français c'est parler des droits de l'homme », dit François Hollande, mais pas seulement. Aujourd'hui, 220 millions de personnes sur la planète sont francophones et selon les projections de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ce nombre aura triplé d'ici 2050, les Africains pourraient alors représenter 85% des 715 millions de francophones dans le monde.
Comme tous les deux ans, à l'occasion des sommets francophones, le rendez-vous de Kinshasa a été l'occasion pour les dirigeants de faire le point sur l'usage de la langue française dans le monde. Quelle est la meilleure tactique pour défendre et faire vivre la langue française ?


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lundi 2 juillet 2012

L’Afrique et la Francophonie

Le Monde du 01/07/2012 (extrait) :

L'Afrique, phare de l'avenir

par Martine Jacot avec Nathalie Brafman

Ce premier forum a un budget de quelque 5 millions de dollars canadiens (3,8 millions d'euros) financé par les gouvernements du Québec, du Canada, du Nouveau-Brunswick, des contributeurs privés et l'OIF, selon son administrateur, Clément Duhaime.

Quel est le nombre de francophones dans le monde ? Au moins 220 millions de personnes parlent le français, selon le premier rapport de l'Observatoire de la langue française, créé en 2007. Il s'est fondé non plus sur des évaluations parfois sommaires mais sur des sources statistiques, sur des enquêtes et, quand elles faisaient défaut, sur des études ad hoc menées par des organes de la francophonie. Outre les francophones des 75 Etats ou gouvernements de l'OIF (56 membres et 19 observateurs), ceux de pays non membres ont aussi été dénombrés, aux Etats-Unis (2,1 millions), en Israël (plus de 300 000 personnes) et même au Val d'Aoste (Italie, 90 000 personnes). Dans les pays africains, seules les personnes sachant non seulement parler mais aussi lire et écrire le français ont été prises en compte.
C'est l'un des facteurs qui permet aux responsables de l'OIF d'assurer que ce chiffre de 220 millions de francophones reste sous-évalué. A titre de comparaison, on estime généralement à plus de 1 milliard le nombre d'anglophones dans le monde. Mais un tiers d'entre eux seulement (330 à 340 millions) ont l'anglais comme langue maternelle. Le français est, selon l'OIF, la deuxième langue étrangère enseignée dans le monde, avec 116 millions de personnes qui l'apprennent.

Le français régresse-t-il au profit de l'anglais ? D'après le rapport, le français se développe en Afrique, principalement pour des raisons démographiques, stagne en Amérique ou en Asie, et décline en Europe, où le Royaume-Uni, par exemple, a décidé, en 2004, que la langue de Molière n'était plus indispensable à l'examen final du cycle secondaire.
Dans ses projections, l'OIF anticipe que l'Afrique, où vivent déjà environ la moitié des francophones du monde, en regroupera en 2050 environ 85 %, sur 715 millions de locuteurs, à la faveur de ses taux de natalité. A condition toutefois que la scolarisation continue de progresser sur ce continent et que le français y demeure une langue enseignée (le Rwanda a, lui, abandonné le français pour l'anglais, tout en restant membre de l'OIF).
D'où la décision prise lors du dernier sommet de la francophonie, en octobre 2011 à Montreux (Suisse), de mettre l'accent sur la formation des enseignants, notamment à travers l'Initiative francophone de formation à distance des maîtres (Ifadem), lancée au Bénin, au Burundi, en Haïti et à Madagascar. L'opération dite ELAN (Ecole et langues nationales en Afrique) vise, elle, à accompagner huit pays francophones d'Afrique subsaharienne pour la promotion d'un enseignement bilingue dans le primaire, respectueux des langues nationales. Plus anciens, 295 centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC) ont été mis en place dans les zones rurales et périurbaines d'une vingtaine de pays francophones d'Afrique, de l'océan Indien, des Antilles et du Proche-Orient.
            
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dimanche 18 mars 2012

Le premier prix Mokanda décerné à Ananda Devi

Ananda Devi (Maurice) a reçu son prix au salon du livre
Grioo.com
Alain Mabanckou, Ananda Devi, et Boualem Sansal étaient en compétition pour recevoir le prix Mokanda. C'est Ananda Devi qui a reçu le prix, qui lui a été décerné par Henri Lopes, écrivain et ambassadeur du Congo à Paris. Le prix Mokanda, qui était décerné pour la première fois, récompense "un parcours, une démarche et une oeuvre littéraire d'un écrivain francophone d'Afrique ou d'ailleurs, dont les textes s'inspirent de l'Afrique et célèbrent le continent". Ananda Devi s'est réjoui de ce prix et a rappelé qu'elle en était d'autant plus heureuse qu'elle avait vécu au début des années 80 au Congo, à l'ombre de grands écrivains comme Tchicaya U'Tamsi, Henri Lopes et bien d'autres…
"C'est un honneur d'être la première car c'est aussi la récompense d'une décennie de travail. J'en suis fière parceque le mot Mokanda me ramène à mes années passées à Brazzaville dans les années 80 à l'ombre de la voix du fleuve, de Brazzaville, à l'ombre de Tchikaya et de La Vie et demi de Sony Labou Tansi".
La cérémonie se déroulait sur le stand "livres et auteurs du bassin du Congo", présent au salon du livre de Paris pour la troisième fois consécutive. Le stand regroupe l'offre la plus complète en littérature africaine francophone du salon du livre (qui a lieu du 16 au 19 mars au parc des expositions de la Porte de Versailles).

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http://m.grioo.com/article.php?id=22266

dimanche 12 février 2012

La réponse de Patrick Chamoiseau à Claude Guéant

Claude Guéant, le ministre français de l'intérieur, a confirmé le 5 février 2012 ses propos sur « la supériorité d’une civilisation ». Voici la réponse de l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau…

Lu sur le site du journal Le Monde du 10/02/2012 (extrait) :

Aucune excuse, aucune sanction, soutien total à M. Letchimy
Quand on commence à hiérarchiser entre les civilisations, sur les degrés de "l'inférieur " et du "supérieur", on entre dans une dérive vers les pires horizons. L'idée de civilisation, très à la mode durant les grandes conquêtes occidentales, renvoie à celle de culture dont elle serait le substrat le plus noble ; et le fait de culture débouche directement sur le socle de l'humain. Avec l'humain, venaient les absurdités de la "race" qui ont occupé les thèses de supériorité, et donc de hiérarchisation, où se sont abimés le comte Arthur de Gobineau, les anthropologies racistes, et toutes les justifications du colonialisme. L'idée de "race supérieure" engendrait celles de culture et de civilisation supérieures. Ce qui autorisait à inverser la formule et à considérer que la simple possibilité de civilisation supérieure impliquait sinon une race (on n'ose plus l'avancer) mais des cultures et des humanités inférieures. C'est pourquoi l'équation réversible coloniser = civiliser a si longtemps duré, et pointe encore de temps en temps un restant de ténèbres.

Dès lors, chaque fois qu'un pouvoir politique ou religieux a cru appartenir à une civilisation "supérieure", cela s'est toujours traduit par les grands crimes d'Etat que furent la Traite, l'esclavage, les colonisations, le système des camps de concentration, les apartheids, les génocides ou les purifications ethniques qui aujourd'hui encore occupent la vie du monde.
Donc, réactiver l'idée de civilisation, et recommencer à les hiérarchiser n'est pas une mince affaire ! Ce n'est pas non plus une simple stratégie électorale, mais un état d'esprit, voire un semblant de pensée. Derrière les déclarations répétées de ministre de l'intérieur de la France, se dessine l'auréole du discours de Dakar, les chroniques de la chasse aux enfants immigrés alentour des écoles, les velléités de police génétique contre les regroupements familiaux, la traque honteuse des Roms, le spectre du ministère de l'identité nationale, le grondement régulier des charters expéditifs, les quotas d'expulsions prédéfinis et célébrés, le renvoi des étudiants étrangers, et même la fragilisation systématique des immigrés en situation régulière qui, en ce moment, dès trois heures du matin, affrontent les glaciations devant les préfectures... En face d'une telle convergence, on croirait voir de grandes ailes qui s'ouvre pour un sinistre envol.

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mercredi 4 janvier 2012

Jocelyne Saucier est la lauréate du Prix des cinq continents de la Francophonie 2011

Jocelyne Saucier, lauréate du Prix des cinq continents de la Francophonie
par Lucile Quillet - France Amériques - 08 décembre 2011

Jocelyne Saucier a remporté le Prix des cinq continents de la Francophonie 2011 pour Il pleuvait des oiseaux. Une première pour le Canada qui n’avait jamais reçu ce prix. Depuis l’Abitibi, à 700 km au nord de Montréal, l’écrivain nous raconte son attachement à la littérature et à la francophonie.
A 63 ans, Jocelyne Saucier est rassurée. « Cela fait trente ans que j’écris et je me suis toujours demandée si ce n'était pas qu'un entêtement de ma part », dit-elle en riant. On imagine parfaitement le sourire qui se dessine alors sur le visage de la lauréate. Nominée à plusieurs reprises pour des prix nationaux comme le prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec, elle était toujours restée sur le banc de touche international. Elle prend aujourd’hui sa revanche avec son quatrième roman, Il pleuvait des oiseaux.
Un brasier venu du nord
Double reconnaissance pour l’écrivain, mais aussi le Canada qui n’avait encore jamais remporté ce prix, créé en 2001. « Au Québec, nous sommes une petite population francophone qui se bat depuis tellement d’années pour conserver cette langue, c’est très important. Via la francophonie, on a accès aux multiples altérités de la littérature francophone, et l'on découvre mieux la nôtre », affirme-t-elle. Jocelyne Saucier dit aimer la précision et la subtilité de la langue française, et se ravit à l’idée que son livre venu du froid puisse être lu dans une cour ensoleillée de Guadeloupe.
L'écrivain souhaite « raconter le Nord, cette terre d’indépendance, sans tradition, vaste, où les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent », à travers l’histoire clairvoyante de trois vieillards exilés, devenus hommes des bois, s’étant proclamés libres de choisir l’heure de leur mort. Mais la forêt, écrin sauvage et personnage à elle seule, leur offre une seconde vie. Jusqu'à ce qu’une femme, puis deux, fassent intrusion dans leur univers. En arrière plan, les souvenirs calcinés de la tragédie des Grands Feux, qui ravagèrent la région quelques décennies plus tôt. C’est dans cette immensité silencieuse, à l'odeur de bûche fumante, que Jocelyne use de son style incisif et limpide pour parler de liberté et d’amitié.

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http://www.france-amerique.com/articles/2011/12/08/jocelyne_saucier_premiere_laureate_canadienne_pour_le_prix_des_cinq_continents_de_la_francophonie.html?utm_source=Newsletter+France-Am%C3%A9rique+-+NATIONALE&utm_campaign=f0a1fe8a74-Newsletter_5_janvier_2011&utm_medium=email

mardi 20 décembre 2011

L’hommage rendu par Amadou Lamine Sall à Léopold Sédar Senghor

La leçon de Léopold Sédar Senghor
Lu sur le site de Courrier International du 20/12/2011 (extrait) :

Pour moi, il est difficile de parler normalement de Senghor. Parler de lui, c’est toujours avoir un tête-à-tête magique avec un homme multidimensionnel. Il y a Léopold, il y a Sédar, il y a Senghor. Au poète se sont ajoutés le professeur, puis le penseur, puis l’homme d’Etat, puis l’académicien. Au carrefour s’est retrouvé l’humaniste total. Je n’oublie pas le prisonnier de guerre et l’ancien combattant, le critique littéraire et le critique d’art. De tous ces personnages, Sédar voulait que l’on retienne de lui le poète. Il a toujours préféré le poète au politique. La meilleure preuve : sa démission volontaire [de la présidence de la république du Sénégal], le 31 décembre 1980, pour enfin consacrer le reste de sa vie à la poésie, en un mot : à la culture. Pour Senghor, en effet, la culture a toujours été une exigence dans la permanence. La politique, un temps d’urgence qui passe. La politique n’est pas un métier. C’est un mandat. Sédar nous a appris à le méditer.
En choisissant la culture et l’éloge obsédant du culte de l’esprit, Senghor nous apprend qu’il n'y a pas de pays sous-développés, mais seulement des femmes et des hommes sous-développés, c'est-à-dire sans culture et sans éducation. C’est avec cette certitude qu’il a bâti le Sénégal. C’est avec cette vision qu’il a porté loin et installé un petit pays comme le Sénégal dans le cœur de tant de peuples dans le monde. Senghor avait compris que l’investissement sur l’esprit et les valeurs était le meilleur investissement économique de notre civilisation, un investissement par ailleurs en osmose avec l’épanouissement de l’esprit scientifique. "Je veux l’Afrique, mais je ne combattrai pas la machine [la modernité occidentale], car elle seule vaincra la misère", affirmait-il. Sédar est un visa pour tout Africain, au-delà même du Sénégalais. Il doit être lu, car son œuvre est une œuvre qui apaise le monde. C’est une œuvre de symbiose et de synthèse. C’est une œuvre qui réconcilie et non qui divise. Elle doit être lue parce qu’elle apporte une réponse aux angoisses et aux folies de notre temps.

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http://www.courrierinternational.com/article/2011/12/20/la-lecon-de-leopold-sedar-senghor

samedi 3 septembre 2011

Festival Images de la Diversité et de l'Égalité (FIDEL) du 20 au 25 septembre 2011 à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (Paris)

Du mardi 20 septembre au dimanche 25 septembre 2011, Le Fidel invite à découvrir 20 films documentaires, dont 10 inédits, avec pour l'ouverture du festival un hommage au peuple kanak, à travers deux films Cannibales, des kanak à Paris en 1931, et André Saïd, une mémoire en partage de Désiré Menrempon et Sabine Jobert, dans le cadre de l'année des Outre Mers. Une séance exceptionnelle autour de Souhami La crainte de la nuit et Regardez chers parents, deux films qui nous permettront de revenir sur les drames que vécurent des hommes, des femmes et des enfants expulsés de Cachan en 2006, avec les cinéaste Anne-Laure de Franssu, Mory Coulibaly, et Philippe Bouychou leur producteur. Le vendredi 23 septembre, une table ronde est organisée, en présence des cinéastes, sur cette question des minorités visibles sur les écrans de télévision. Dimanche 25 septembre, une séance exceptionnelle avec l'Observatoire de la Diversité Culturelle sur un inédit, La relève, hymne à l'engagement solidaire.

Le Fidel, c'est aussi la présence de nombreux invités, cinéastes, historiens, journalistes, psychanalystes, témoins et engagés. Cette première édition propose trois lignes de force :
# sur les mémoires des immigrations qui façonnent notre pays : portugaise avec Moradores de Jeanne Dressen, algérienne avec Le Chemin Noir d'Abdallah Badis et Algériens de Marseille de Bernard Langlois et Mehdi Lallaloui, tous deux inédits, turque avec Almanci d'Eammanuel Piton, loatienne avec l'essai poétique de Kim Simon Luang Ici finit l'exil, bretonne avec Nous n'étions pas des bécassines de Thierry Compain.
# sur les combats pour l'égalité et la solidarité : Souhami la crainte de la nuit d'Anne Laure de Franssu et Regardez chers parents de Mory Coulibaly, tout comme Dieu nous a pas fait naitre avec des papiers de Luc Decaster, trois films sensibles sur cette violente question des Sans Papiers.
# sur les mémoires du colonialisme et de l'esclavage : Brigitte Waahp avec son film Le Retour de Marius sur les traces de son père, "sauvage" kanak exposé au temps de l'empire coloniale, J'ai tant aimé de Dalila Ennadre avec la prostitution coloniale.

http://www.lefidel.com/

samedi 16 juillet 2011

Publif@rum n° 15 - Francophonie et médias

PUBLICATION
Publif@rum n° 15, Francophonie et médias, 2011.
Sous la direction de Laure Bianchini, Anna Giaufret, Nancy Murzilli, Micaela Rossi

ISSN électronique : 1824-7482
A l'issue des Journées de la Francophonie de Gênes (2009-2010), l'équipe de Publif@rum est heureuse de proposer un nouveau numéro de la collection « francophonieS », centré sur la communication de masse : les médias francophones. Parce qu'ils sont en prise directe avec la réalité sociale et politique, les moyens de communication et d'information – télévision, cinéma, radio, presse écrite, Internet – permettent à la fois d'appréhender une approche globale de la francophonie et une perspective de son rayonnement. Les contributions de ce numéro présentent d'une part un panorama et plusieurs analyses des médias francophones et d'autre part les témoignages d'acteurs de ce paysage médiatique, en réfléchissant tant aux problématiques générales qu'aux questions locales et régionales.TABLE DES MATIÈRES
Laure Bianchini et Nancy Murzilli

Présentation du numéro
Panorama
Laure BIANCHINI Panorama et expansion de la presse électronique francophone
Analyses
Camille Roger ABOLOU Médiatisation, médiativation et médiation en francophonies périphériques. L'exemple des pays africains francophones
Nathalie LACELLE et Monique LEBRUN Enquête auprès de jeunes Montréalais sur leurs pratiques sociales et linguistiques dans les blogues de type réseaux sociaux
Valeria FRANZELLI Non mais…tu te prends pour qui ? Le sous-titrage à l'épreuve de l'émotion
Témoignages
Olivier MARTEAU Transcender les frontières linguistiques : l'exemple de la chaîne francophone MCM Africa (1995-2002)
Christian DAURIAC (transcription par Nancy Murzilli) Une expérience de télévision francophone : Canal France International
Guy KALENDA (transcription par Laure Bianchini) Une expérience de radio francophone : Africa n. 1

http://www.publifarum.farum.it/show_issue.php?iss_id=14

vendredi 10 juin 2011

Disparition de Charles Mensah (1948 - 3 juin 2011)

Suite à la disparition du réalisateur gabonais Charles Mensah, voici un entretien réalisé par Olivier Barlet en juin 2006 :

Depuis l'élection du nouveau bureau lors du " Sommet du film africain " de Tshwane en avril 2006, la Fédération panafricaine des cinéastes connaît un renouveau. Quelles sont les nouvelles perspectives ?
En fait, " renouveau de la Fepaci " est effectivement le terme approprié, parce que l'Afrique du Sud essaie de bâtir toute son action sur le concept de la renaissance africaine. Je crois qu'on peut également l'appliquer à la Fepaci. Les autorités sud-africaines ont permis aux cinéastes du continent de se retrouver pour faire le point de la situation à travers ce sommet dont l'objectif était d'aboutir à des résolutions à transmettre à nos États à travers l'Union africaine et le Nepad. Donc, pendant trois jours, nous avons débattu de différentes questions liées à la production, la distribution et l'exploitation. Il en est sorti une série de recommandations. Le dernier jour a eu lieu le congrès de la Fepaci, le premier depuis sept ans. Ce sommet nous a donc donné l'opportunité de réorienter notre action mais également de renouveler les instances dirigeantes de la fédération. […]
L'enjeu aujourd'hui n'est-il pas de maintenir une production malgré les problèmes de diffusion ?
Oui absolument, et je crois que les Nigérians ont trouvé la réponse. Ils tournent dans la semaine un long-métrage, dans la semaine suivante la postproduction est faite et le surlendemain, le marché est saturé de DVD du film ! Ils sont déjà dans une logique d'un cinéma produit de consommation qu'on vous sert à domicile, comme on livre une pizza. À la limite ils n'ont pas de soucis de salles. On peut maintenant discourir sur la qualité de ces films. Le plus important pour moi est de trouver un public, donc d'exister. Ces films connaissent un véritable succès populaire et je pense que c'est une bonne chose car cela va créer une demande auprès d'un public africain qui, il faut le reconnaître, était formaté pour n'apprécier qu'un cinéma hollywoodien voire bollywoodien. À nous maintenant de surfer sur cette vague et de proposer à un public désormais disponible un cinéma certes plus créatif voire plus difficile mais dans lequel il se retrouve. […]
Le cinéma populaire ne risque t-il pas de tuer le cinéma plus exigeant ?
Pas du tout. Bien au contraire. Le cinéma populaire fait le lit d'un cinéma d'auteur qu'il finance et qu'il suscite. Tout producteur a besoin pour son prestige d'avoir dans son catalogue des films ayant une plus value artistique. Il en est de même pour les États qui tirent un bénéfice en termes de rayonnement lorsque le film de l'un de ses cinéastes a obtenu une distinction dans un festival.

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http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=5816

vendredi 8 avril 2011

Congrès Francophone pour le Savoir (ACFAS) 2011

Le programme du 79e Congrès Francophone pour le Savoir (ACFAS) comporte près de 4000 communications, réparties dans quelques 190 colloques et activités spéciales, et plus d’une trentaine de domaines de recherche. Du 9 au 13 mai 2011 à l’Université de Sherbrooke et l'Université Bishop’s (Canada).

Montréal, métropole culturelle francophone
Responsables :
Vincent BOUCHARD, University of Louisiana at Lafayette
Izabela POTAPOWICZ, Université de Montréal

Description du colloque :
Cet atelier consistera en une approche interdisciplinaire de la question de Montréal en tant que institution culturelle francophone nord-américaine. Nous avons l'intention de croiser des réflexions sur des domaines classiques de la culture tels que la littérature (la production littéraire québécoise, les maisons d'édition issues de la Révolution tranquille, ainsi que la pensée littéraire mise en place en particulier dans les départements d'études littéraires des universités montréalaises), la linguistique (institutions linguistiques et politiques de sauvegarde de la langue) et les beaux-arts (architecture, peinture, musique), mais également sur un certain nombre d'exemples issus des cultures populaires (le cinéma, l'humour, le festival Juste pour rire, les Têtes à claques, etc.). Notre objectif est de faire une forme de bilan partiel du positionnement du Québec par rapport aux Francophonies nord-américaines, en analysant des exemples précis de collaboration entre des acteurs culturels privés, des institutions publiques et des artistes francophones. L'idée est de souligner le rôle joué par des éditeurs, des organisateurs de spectacles, des producteurs de cinéma et des artistes basés à Montréal dans le développement et la promotion des cultures francophones en Amérique du Nord. Nous étudierons des cas de collaboration à différentes périodes du XXe siècle. Cependant, étant donnée l'intensification des relations à l'intérieur de la Francophonie nord-américaine aprés les années 1970, nos débats se concentreront sur cette période.

Sessions
Jeudi 12 mai 2011
Session Québec-Louisiane
09:30 - 12:00
Communications
10:00
Barry ANCELET
Le Montréal littéraire des années 1970, vu par Jean Arceneaux
10:30
Izabela POTAPOWICZ, Université de Montréal
Repenser les francophonies de la marge. Montréal et les processus de légitimation des cultures francophones en Amérique du Nord
11:00
Olivier MARTEAU, Case Western Reserve University (CWRU)
Montréal – Lafayette : l'influence décisive du modèle québécois dans la création d'un champ littéraire franco-louisianais

Session urbanisme
13:30 - 15:30
Communications
13:30
Alejandro ZAMORA
La « Côte-des-Nègres » de Mauricio Segura
14:00
Anne BEAULIEU
Notre Dame de Grâce / NDG : un siècle de circulations culturelles dans un quartier bilingue de Montréal
Notre Dame de Grâce / NDG : un siècle de circulations culturelles dans un quartier bilingue de Montréal 14:30
Gwenn SCHEPPLER
Représentation de Notre Dame de Grâce (NDG) au cinéma et dans les téléromans depuis 1940: un quartier sans histoires

Représentation de NDG au cinéma et dans les téléromans depuis 1940 : un quartier sans histoires... Session cinéma
15:30 - 18:00
Communications
15:30
Germain LACASSE
Le son des Français d'Amérique
16:00
Michel MARIE
La cinémathèque québécoise et son rôle patrimonial
16:30
Vincent BOUCHARD, University of Louisiana at Lafayette
Production cinématographique à Montréal et revendications francophones

Lien officiel :
http://www.acfas.net/programme/s_79_300.html

vendredi 4 mars 2011

Haroun Mahamat Saleh fête et critique le Fespaco 2011

A la 22e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), le film de Haroun Mahamat Saleh brigue l’Etalon d’or de Yennenga. Mais le réalisateur tchadien fait entendre son mécontentement concernant le plus grand festival de cinéma africain : « Découvre-t-on ici quelque chose de nouveau, un film intéressant, une nouvelle voix, une nouvelle musique ? Non. » Le Prix du Jury au Festival de Cannes pour son dernier long métrage Un homme qui crie, Haroun Mahamat Saleh, 50 ans, a également contribué à la réouverture de la dernière salle de cinéma couverte de Ndjaména : Le Normandie. Haroun Mahamat Saleh est interviewé par l'un de nos envoyés spéciaux au Burkina Faso, Frédéric Garat.

RFI : C’est plus important pour vous d’avoir un prix au Festival de Cannes ou de pouvoir réouvrir une salle de cinéma au Tchad ?
Haroun Mahamat Saleh : Les deux choses sont importantes. Avoir un prix permet d’avoir un rayonnement international pour le pays, c’est ce qui s’est passé. Et cela réveille les consciences, permet d’ouvrir une salle de cinéma. Voilà. C’est comme au foot, une bonne passe quoi… Donc à la fin on se retrouve avec un but, oui.

RFI : Avoir l’Etalon d’or ici, ce serait autre chose ? Ce serait une cerise sur le gâteau supplémentaire, ou est-ce que vous êtes déjà satisfait d’avoir été reconnu par l’audience internationale ?
H.M.S. : Je suis satisfait déjà d’avoir eu le prix à Cannes, et je vous avoue que maintenant, l’Etalon d’or n’a pas – comment dire ? – une valeur extraordinaire pour moi, parce que quand vous voyez l’histoire des Etalons, il y a depuis quelques années, pas mal de films qui sont vraiment ce que les Cahiers du cinéma (revue française spécialisée dans le cinéma) appellent de grands téléfilms, souvent des films d’ailleurs ignorés sur le plan international, qui ne sortent pas, qui ne sont pas vendus, comme quoi ils ne parlent pas au monde, et que la valeur intrinsèque, me semble-t-il, de l’Etalon de Yennenga a perdu de sa superbe. Ce n’est pas de la prétention, mais je vous avoue que je commence à être très, très déçu par le Fespaco.

RFI : C'est-à-dire ?
H.M.S. : C'est-à-dire qu’il n’y a pas d’exigence dans la sélection. C’est le seul festival qui ne va pas chercher les films, il faut lui envoyer les films. Donc il n’y a pas un désir de chercher ce qui se fait. Et du coup, on attend tranquillement, en bon fonctionnaire, qu’on nous envoie les films, et à partir de ce moment-là on les sélectionne.

La suite sur RFI :
http://www.rfi.fr/afrique/20110302-haroun-mahamat-saleh-je-commence-etre-tres-decu-le-fespaco

mercredi 9 février 2011

Andrée Chedid est décédée le 6 février 2011

D’origine libanaise, Andrée Chedid étudia au Caire puis s'installa en France avec son mari en 1946. Elle laisse une abondante production de poèmes, romans et nouvelles abordant les thèmes de « l’altérité ».

Pour lui rendre hommage, voici un entretien, diffusé le 4 novembre 1996 (source INA), avec le réalisateur Youssef Chahine à propos de l’adaptation du roman "Le sixième jour" :
http://www.ina.fr/art-et-culture/cinema/video/I10025951/youssef-chahine-et-andree-chedid-a-propos-du-film-le-sixieme-jour.fr.html


vendredi 4 février 2011

Édouard Glissant (1928-2011)

En hommage à la disparition de l’écrivain, voici un entretien publié dans Le Monde 2 en 2005…

Pour l'écrivain Edouard Glissant, la créolisation du monde est "irréversible"

Qu'entendez-vous par la nécessité de développer une "pensée du tremblement", à laquelle vous consacrez votre prochain livre ? Selon vous, seule une telle pensée permet de comprendre et de vivre dans notre monde chaotique et cosmopolite ?
Edouard Glissant : Nous vivons dans un bouleversement perpétuel où les civilisations s'entrecroisent, des pans entiers de culture basculent et s'entremêlent, où ceux qui s'effraient du métissage deviennent des extrémistes. C'est ce que j'appelle le "chaos-monde". On ne peut pas diriger le moment d'avant, pour atteindre le moment d'après. Les certitudes du rationalisme n'opèrent plus, la pensée dialectique a échoué, le pragmatisme ne suffit plus, les vieilles pensées de systèmes ne peuvent comprendre le chaos-monde.
Même la science classique a échoué à penser l'instabilité fondamentale des univers physiques et biologiques, encore moins du monde économique, comme l'a montré le prix Nobel de chimie Ilya Prigogine. Je crois que seules des pensées incertaines de leur puissance, des pensées du tremblement où jouent la peur, l'irrésolu, la crainte, le doute, l'ambiguïté saisissent mieux les bouleversements en cours. Des pensées métisses, des pensées ouvertes, des pensées créoles.

Pourriez-vous donner une définition de la "créolisation" ?
L'apparition de langages de rue créolisés chez les gosses de Rio de Janeiro, de Mexico, ou dans la banlieue parisienne, ou chez les gangs de Los Angeles. C'est universel. Il faudrait recenser tous les créoles des banlieues métissées. C'est absolument extraordinaire d'inventivité et de rapidité. Ce ne sont pas tous des langages qui durent, mais ils laissent des traces dans la sensibilité des communautés.
Même histoire en musique. Si on va dans les Amériques, la musique de jazz est un inattendu créolisé. Il était totalement imprévisible qu'en 40 ou 50 ans, des populations réduites à l'état de bêtes, traquées jusqu'à la guerre de cessetion, qu'on pendait et brûlait vives aient eu le talent de créer des musiques joyeuses, métaphysiques, nouvelles, universelles comme le blues, le jazz et tout ce qui a suivi. C'est un inattendu extraordinaire. Beaucoup de musiques caribéennes, ou antillaises comme le merengue, viennent d'un entremêlement de la musique de quadrille européenne et des fondamentaux africains, les percussions, les chants de transe. Quant aux langues créoles de la Caraïbe, elles sont nées de manière tout à fait inattendue, forgée entre maîtres et esclaves, au cœur des plantations.
La créolisation, c'est un métissage d'arts, ou de langages qui produit de l'inattendu. C'est une façon de se transformer de façon continue sans se perdre. C'est un espace où la dispersion permet de se rassembler, où les chocs de culture, la disharmonie, le désordre, l'interférence deviennent créateurs. C'est la création d'une culture ouverte et inextricable, qui bouscule l'uniformisation par les grandes centrales médiatiques et artistiques. Elle se fait dans tous les domaines, musiques, arts plastiques, littérature, cinéma, cuisine, à une allure vertigineuse…

La suite sur...
http://www.lemonde.fr/carnet/article/2011/02/03/pour-l-ecrivain-edouard-glissant-la-creolisation-du-monde-etait-irreversible_1474923_3382.html

dimanche 9 janvier 2011

Cameroun, la guerre oubliée

Si le silence, l’oubli et le déni caractérisent souvent les anciennes puissances coloniales, voici un livre qui devrait rafraîchir les mémoires…

Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)
par Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa
Éditions La Découverte (2011)

Le mot de l’éditeur
Pendant plus de quinze ans, de 1955 à 1971, la France a mené au Cameroun une guerre secrète. Une guerre coloniale, puis néocoloniale, qui a fait des dizaines de milliers de morts, peut-être davantage. Une guerre totalement effacée des histoires officielles. En France, où l’on enseigne toujours que la décolonisation de l’« Afrique française » fut exemplaire et pacifique. Et au Cameroun, où il est encore risqué aujourd’hui d’évoquer ce terrible conflit qui enfanta une redoutable dictature… C’est dire l’importance de ce livre, qui retrace l’histoire de la guerre menée par les autorités françaises contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), le parti indépendantiste créé en 1948, et tous ceux pour qui la liberté et la justice s’incarnaient en un mot : « Kamerun ! ».
Pendant quatre ans, les auteurs ont enquêté en France et au Cameroun. Ils ont retrouvé de nombreux témoins : militaires français et camerounais, combattants nationalistes, rescapés des massacres… Dans les archives, ils ont consulté des milliers de documents et fait d’étonnantes trouvailles. Ils racontent comment furent assassinés, un à un, les leaders de l’UPC : Ruben Um Nyobè en 1958, Félix Moumié en 1960 et Ernest Ouandié en 1971. Et ils montrent comment l’administration et l’armée françaises, avec leurs exécutants locaux, ont conduit pendant des années une effroyable répression : bombardements des populations, escadrons de la mort, lavage de cerveau, torture généralisée, etc.
Plus de cinquante ans après la pseudo-indépendance accordée au Cameroun le 1er janvier 1960, cette histoire reste d’une brûlante actualité. Car c’est aussi celle de la naissance de la Françafrique, fruit du consensus colonial de la IVe République. C’est l’histoire, enfin, d’un régime « ami de la France » en guerre perpétuelle contre son propre peuple : après vingt-deux ans de dictature sous Ahmadou Ahidjo et près de trois décennies de déliquescence sous Paul Biya, les Camerounais rêvent toujours d’indépendance et de démocratie.

http://www.kamerun-lesite.com/

vendredi 10 décembre 2010

Festival Mondial des Arts Nègres (Fesman) - 10 au 31 décembre 2010 au Sénégal

Après Dakar en 1966 et Lagos en 1977, le Festival mondial des arts nègres 2010 se déroule au Sénégal du 10 au 31 décembre 2010 sur le thème de la « Renaissance africaine ». Le Festival 2010 porte une vision nouvelle d’une Afrique libérée, fière, créative et optimiste. Avec le Brésil pour invité d’honneur, terre de métissage et de diversité culturelle, le Festival se fera le symbole de la fécondité du dialogue entre les peuples et les cultures.

Initiée par le Président Léopold Sédar Senghor, la première édition du Festival mondial des Arts nègres s’est tenue en 1966 à Dakar. Ce premier festival, dans une explosion créative réunissant plusieurs disciplines et toutes les générations, a permis de rendre visibles et palpables les années de reconquête de la dignité des peuples noirs sur une terre d’Afrique restituée depuis peu aux Africains. En 1977, le Nigeria a accueilli la seconde édition. Pour satisfaire au mieux cette ambition d’ouverture, l’accès au Festival sera gratuit et de nombreuses activités éducatives seront dédiées à la sensibilisation des jeunes publics.

La troisième édition du Festival mondial des arts nègres se tient du 10 au 31 décembre 2010 sur le thème de la « Renaissance africaine ». Les précédentes éditions se sont tenues à Dakar en 1966 et à Lagos en 1977. Le comité d’organisation a annoncé la participation déjà confirmée d’environ 60 pays qui seront représentés artistiquement lors des différents événements. Les villes de Dakar et Saint-Louis se partageront les festivités qui, bien qu’à l’honneur de la culture noire sont ouvertes à tous. Les sites confirmés sont entre autres le stade Léopold Sédar Senghor pour la cérémonie d’ouverture, l’université Cheick Anta Diop (la foire au livre), la place de l’obélisque (gastronomie), la place du souvenir (cinéma), le théâtre Daniel Sorano ( danse et théâtre).

Plus d’informations sur…
http://blackworldfestival.com/wp/

mercredi 10 novembre 2010

La fin du multiculturalisme ?

La crise économique, qui traverse l’Europe et le monde, sème le doute et entraîne une crise de la pensée. La peur fait rejaillir le repli identitaire et les réactions sont de plus en plus violentes. Après le rêve d’une Europe multiculturelle qui a enthousiasmé plusieurs générations traumatisées par la Seconde Guerre Mondiale, la chancelière allemande Angela Merkel – comme de nombreux autres leaders politiques européens – pose la question des rapports entre « culture dominante » et « cultures minoritaires ».

Angela, le “Multikulti” et l’universalisme (extrait)
par Richard Herzinger - Die Welt - 10 novembre 2010

On évoque de tous côtés, dans le cadre du débat sur l’immigration, un phénomène qu’on qualifie avec le diminutif moqueur, voire sarcastique, de Multikulti [multiculturalisme]. La chancelière Angela Merkel a déclaré récemment : “Dire un beau jour que ça y est, on se met au Multikulti, on vit les uns à côté des autres, et tout le monde est content – cela a échoué, totalement échoué.” Et Horst Seehofer [ancien ministre, dirigeant de l’Union chrétienne-sociale (CSU) et actuel ministre-président de Bavière] d’ajouter : “Nous, chrétiens-démocrates et chrétiens-sociaux [CDU-CSU], nous défendons la culture dominante allemande [“deutsche Leitkultur”] et sommes contre le Multikulti. Le Multikulti est mort.”

Le président de la CSU, à cette occasion, a une fois de plus oublié de définir ce qu’il entendait exactement par cette fameuse “culture dominante allemande”. Interrogées sur le sujet, les personnalités politiques chrétiennes-démocrates évoquent en général les libertés et les droits qui figurent dans la Loi fondamentale d’une société ouverte et démocratique. Ces valeurs n’ont pourtant rien de particulièrement allemand. Ce sont les valeurs universelles des Lumières et des droits de l’homme, que l’on retrouve dans la Constitution des Etats-Unis et celle de la France, et qui ont fini par s’imposer en Allemagne malgré une résistance funeste et acharnée. En opposant au “Multi¬kulti” l’expression creuse de “culture dominante allemande”, les politiques, par provocation ou par ignorance de l’Histoire, oublient un détail pi¬quant : ils suivent ainsi la logique anti-universaliste, cette même idéologie qui a produit le “multiculturalisme”, qu’ils considèrent comme une ineptie.

Le multiculturalisme, c’est bien davantage que ces sauteries naïves que l’on associe aux fêtes de quartier alternatives et aux défilés de carnaval exhibant les traditions culturelles. Le terme possède une longue tradition intellectuelle et sociale. Dès le début du XXe siècle, des auteurs américains comme William E. B. Du Bois [1868-1963] – un des fondateurs de la NAACP, l’Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur – remettaient en question la notion de “melting-pot”, ce creuset dans lequel les divers groupes d’immigrés étaient censés se fondre pour former une entité nationale unique. Les pionniers du multiculturalisme préféraient l’idée d’un pluralisme culturel qui permettrait à chaque groupe ou minorité ethnique de conserver sa singularité tout en faisant partie intégrante de la culture américaine.

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http://www.courrierinternational.com/article/2010/11/10/angela-le-multikulti-et-l-universalisme

lundi 25 octobre 2010

XIIIe Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse) - 22 au 24 octobre 2010

Clôture du XIIIe sommet de la Francophonie - Rendez-vous à Kinshasa en 2012 par Elhadji Abdoulaye Thiam

Montreux (Suisse) : Samedi en début de soirée, le Secrétaire général de la Francophonie, notre compatriote, Abdou Diouf a été reconduit au poste à l’unanimité, alors que le vote devait se dérouler hier, dimanche, en fin de matinée. Une candidature que le chef de l’Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade a parrainée, dès son arrivée à Montreux, en confirmant lors de sa rencontre avec la presse internationale qu’il avait dit lors du déjeuner, au président Nicolas Sarkozy que Abdou Diouf était d’abord le délégué du Sénégal qui le soutenait. Auparavant, lors de la cérémonie d’ouverture riche en couleurs, au centre des congrès de Montreux, le chef de l’Etat français avait remercié notre compatriote pour la manière dont il conduit "avec talent et avec sagesse les destinées de l’organisation". "La France souhaite qu’il poursuive son action au cours des prochaines années, tant nous avons besoin de son autorité sur la scène mondiale", avait lancé Nicolas Sarkozy aux chefs d’Etat et de gouvernement présents en Suisse. La fin du Sommet de Montreux a été marquée par une Déclaration et rendez-vous a été pris en 2012 pour Kinshasa, au Congo. Du haut de cette tribune, le président français s’est prononcé sur l’absence du continent africain au Conseil permanent de l’Onu. "Est-il normal qu’il n’y ait aucun membre permanent du Conseil de Sécurité émanant de l’Afrique ? Un milliard d’habitants, dans trente ans, deux milliards d’habitants, qui n’ont pas de représentation permanente. C’est un scandale", a-t-il martelé sous les applaudissements des chefs d’Etat et chefs de délégations présents.

Dans son discours de bienvenue, Mme Doris Leuthard, Conseillère fédérale, présidente de la Confédération Suisse a dit qu’il ne s’agit pas non plus d’un accueil de la seule Suisse francophone, mais bien de toute la Suisse avec ses quatre langues et ses quatre cultures. " Je tiens à souligner avec satisfaction que grâce à sa bonne application, « Coup d’état » et « Francophonie » sont désormais devenus incompatibles, faute de quoi nous ne serions pas à Montreux", a justifié la présidente de la Confédération. Dans ce contexte, elle a appelé, de tous ses vœux, une restauration rapide de l’Etat de droit dans les pays suspendus et leur retour en tant que membre à part entière de l’Oif.

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http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=64698

jeudi 19 août 2010

La France et ses Tziganes, Roms, Gitans,…

Amalgames, préjugés et discriminations caractérisent régulièrement les minorités de tous pays. En Europe, les « peuples du voyage » se nomment Roms, Tziganes, Manouches, Gitans,… et sont victimes d’un style de vie qu’ils ont librement choisi. Les gouvernements acceptent difficilement ces peuples non-sédentaires qu’ils ne peuvent pas contrôler. Voici un petit rappel historique et culturel de Michel Malherbe, mis à disposition par l’Université de Laval :

1. Les Tsiganes (ou Roms)
Les Tsiganes (prononcé [tsigan]) forment un peuple indo-européen d’origine indienne. Il s’agit des Kshattriyas qui, venus du nord de l’Inde, sont arrivés en Grèce au IXe siècle. Puis, au XIIIe siècle, les Rajputs les ont rejoints. Ensemble, ils ont formé la Romani Cel – le peuple tsigane – d'où leur surnom de «Romanichels», mais ils se nomment eux-mêmes Romané Chavé, c'est-à-dire «fils de Ram» (héros de l'épopée indienne Ramanaya). La graphie recommandée par l'Académie française est tzigane (avec un [z]) mais les Tsiganes préfèrent écrire ce mot avec un [s] parce qu'il ne correspond pas à la prononciation du mot dans leur langue. En français, le mot Roms au pluriel se prononce sans le -s, ce qui donne [ròm].

2. Où habitent-ils ?
Comme les Tsiganes n’ont pas d’État propre, ils sont dispersés non seulement à travers l’Europe, mais aussi en Amérique (Argentine, Brésil, Colombie, États-Unis). Bien qu’il n’y ait aucun recensement sur leur population on estime leur nombre à environ 80 millions, mais la quasi-totalité des Tsiganes ont perdu l’usage de leur langue ancestrale et se sont assimilés dans leur pays d’accueil.
De façon générale, les Tsiganes pratiquent le nomadisme, ce qui n’est pas sans leur causer des difficultés au plan de l’intégration sociale, car leurs valeurs et leur mode de vie différents les ont toujours soumis aux pressions assimilatrices de la population majoritaire, quel que soit leur pays d'adoption. Du fait de leur grande mobilité et de leur type d’habitat (souvent en caravane), les Tsiganes sont exclus des prestations et de la sécurité sociale, et généralement désavantagés dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la santé, du logement et de la participation à la vie publique.

3.Quelle langue parlent-ils ?
Il est beaucoup plus difficile d'évaluer le nombre des locuteurs de la langue tsigane. En effet, il n'existe pas de statistiques précises à ce sujet, et l'on doit se fier à des approximations. Il en résulte que toute estimation ne peut se révéler que partiale et suspecte. Par exemple, en ne tenant compte que des Tsiganes d'Europe et de l'Amérique, certains linguistes croient que les deux tiers des Tsiganes parleraient encore une forme de leur langue ancestrale, ce qui signifierait huit millions de tsiganophones. Pour sa part, le Summer Institut of Linguistics du Texas évalue le nombre des tsiganophones à 1,5 million de locuteurs. En 1989, l'Union soviétique les estimait à 202 810. Quant à l'Unesco, elle affirmait en 2002 que le tsigane était une langue en danger d'extinction. En somme, on peut croire que la plupart des Tsiganes auraient perdu l’usage de leur langue ancestrale et se seraient assimilés dans leur pays d’accueil.
Quoi qu'il en soit, les tsiganophones habitent surtout la Bosnie-Herzégovine, la Roumanie, la Pologne, la Hongrie, l’Albanie, la Grèce, la Slovaquie, l’Ukraine, le Portugal, l’Espagne, la Norvège, la Suède, la France, les Pays-Bas, l’Italie et l’Allemagne. On distingue le tsigane des Balkans (Serbie), le tsigane des Carpates (République tchèque), le tsigane finnois (Finlande), le tsigane sinté (Serbie), le tsigane gallois (pays de Galles), le tsigane valaque (Roumanie), le tsigane gréco-turc, etc. La langue que parlent les Tsiganes serait à l’image de l’itinéraire de leurs ancêtres: le romani paraît donc différent d’un pays à l’autre, très teinté de particularismes linguistiques, tout en conservant une certaine intercompréhension. On dénombre au moins une quinzaine de variétés de langues tsiganes:

La suite sur
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/tsiganes.htm

samedi 10 juillet 2010

24e Festival international Nuits d'Afrique

13 au 25 juillet 2010 (Montréal)
ME(TI)SSAGES

Depuis les temps les plus reculés, l'une des fonctions premières des rythmes est de communiquer. Passer un message, illustrer l'histoire d'un peuple, exprimer un sentiment, libérer des craintes, formuler l'espoir... La musique est avant tout un moyen de s'exprimer. En Afrique et dans les pays de la diaspora, cette dimension est particulièrement présente. Elle est même essentielle. Et les musiques du monde modernes s'inscrivent dans cette tradition. Engagés, tant par les causes qu'ils défendent que par les valeurs qu'ils véhiculent, ces artistes, qui font le tour du monde, apportent dans leurs bagages leurs traditions mais aussi un peu du quotidien de leurs peuples, un peu de leurs joies, de leurs peines, de leurs aspirations.

Ainsi, entre tradition et modernité, les artistes du festival proposeront tous un métissage de genres et un grand voyage musical venant des quatre coins du monde. Plus que jamais, Nuits d'Afrique leur donnera la parole. De plus, la grande tendance cette année, à la lueur du renouveau de la musique du monde, est la présence de la création féminine, qui explosera au sein de la programmation.

Le sénégalais Omar Pene était le parrain idéal pour le Festival de cette année. Depuis 30 ans, ce rebelle dans l'âme est de tous les débats sociaux. Au début des années 80, certains de ses textes ont même été interdits. Pour lui, la musique, son universalité et le bonheur qu'elle génère sont les meilleures courroies de transmission qui puissent exister. Nuits d'Afrique est heureux et fier de l'accueillir une nouvelle fois.

Du 13 au 25 juillet, le Festival international Nuits d'Afrique vous invite à venir dialoguer, en musique, avec des centaines d'artistes, chanteurs, danseurs, musiciens d'ici et d'ailleurs, dignes représentants d'une trentaine de pays. Il vous invite à venir célébrer la Culture et ses cultures. Il vous invite à venir fêter la diversité et le métissage. Cinquante-trois spectacles hauts en couleurs et forts en contenus, en salle et à l'extérieur. À ne pas manquer!

Le site internet :
http://www.festivalnuitsdafrique.com/

lundi 17 mai 2010

Polémique autour du film franco-algérien Hors la loi de Rachid Bouchareb

Bouchareb au cœur de la tourmente
par Renaud de Rochebrune

Avant même sa projection au festival de Cannes, le 21 mai, le dernier long-métrage du réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb, "Hors-la-Loi", suscite la polémique en France. Car le film revient sur un sujet sensible et un enjeu de la "guerre des mémoires" : les massacres de Sétif et la guerre d’Algérie. Décryptage. Le Festival de Cannes n’avait pas encore commencé que, déjà, le film de Rachid Bouchareb faisait parler de lui ! Sélectionné sous les couleurs de l’Algérie, Hors-la-Loi se présente en quelque sorte comme la suite (au moins chronologique) d’Indi¬gènes, prix collectif d’interprétation masculine à Cannes en 2006. Depuis l’annonce de sa sélection, ce long-métrage s’est retrouvé au centre d’une polémique aussi vive que violente. Il a été accusé – excusez du peu – de « falsifier l’histoire » par des parlementaires français, à l’initiative du député Lionel Luca, qui ont réclamé son retrait de la compétition. Et même par le secrétaire d’État Hubert Falco, qui s’est appuyé sur un rapport du service historique de la Défense. Hors-la-Loi a ensuite été défendu, avec la même vigueur mais sereinement, par de nombreux intellectuels français ou vivant en France, historiens de renom en tête (de Benjamin Stora à Mohammed Harbi) et, en Algérie, moins sereinement, par le principal dirigeant du FLN, son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, et quelques autres.

Presque, donc, une affaire d’État, des deux côtés de la Méditerranée. À tel point que, selon l’hebdomadaire L’Express, Nicolas Sarkozy en personne aurait demandé à voir le film, en vain puisque la production – inquiète ou ravie de l’ampleur prise par cette affaire – a décidé le black-out jusqu’à la projection à Cannes, le 21 mai, à l’avant-veille de la clôture du festival. Les protagonistes de cette polémique n’ont pas encore vu le long-métrage ! Mais on sait déjà, avec une certaine précision, de quoi il parle. Il raconte divers épisodes de la guerre d’Algérie à travers l’histoire de trois frères devenus proches des nationalistes après avoir réchappé aux massacres de Sétif. Ces derniers ont provoqué la mort d’une centaine d’Européens (comme on disait alors pour qualifier ceux qu’on appellera plus tard les pieds-noirs) et de milliers d’Algériens – 45 000, dira le principal mouvement nationaliste de l’époque, énormément moins, diront les autorités françaises – dans les semaines qui ont suivi la manifestation du 8 mai 1945, dans cette ville du Constantinois, laquelle a tourné à l’émeute.

La suite dans Jeune Afrique
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2574p086-087.xml0/algerie-france-cinema-flnbouchareb-au-c-ur-de-la-tourmente.htm